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TRADUCTION.

• Sous le règne du sultan Aboù Inàn, un des princes des Benoit Merin, il arriva au Maghreb, ou Afrique occidentale, un docteur de Tanger, appelé lbn Batboûtbah, lequel avait voyagé dans l'Orient durant les vingt années qui vouaient de s'écouler. Il avait parcouru les contrées de l'Irak, ou de la Perse, le Yaman, l'Inde, et il était entré a Ditily, capitale du dernier pays. Le souverain de l'Inde alors vivant, le sultan Mohammed Chah, le reçut avec beaucoup de distinction, et l'employa en qualité de juge du rite de Màlic dans son empire. Ensuite, le voyageur revint en Occident et fut admis en présence du souverain Aboù 'Inàn. Il se mit à raconter les circonstances de ses voyages, les merveilles qu'il avait vues dans les différentes régions de la terre, et il pariait surtout du gouvernement do l'empereur de Dihly. A ce sujet, il avançait des faits qui semblaient bien étranges à ceux qui les entendaient. Il disait, entre autres choses, ce qui suit : i i° que le roi de l'Inde, lorsqu'il entreprenait un

• voyage, comptait les habitants de sa capitale, hommes, femmes et en

- fants, et leur faisait distribuer à tous des vivres pour six mois, à titre

• de présent de sa part; et 3° qu'au moment de son retour, il faisait son « entrée dans la ville en un jour solennel ou de cérémonie ; que le peuple « se rendait en masse à sa rencontre dans la plaine qui avoisine la cité, et « qu'il en lourait le monarque ; que, devant celui-ci, et parmi cette foule,

• on dressait sur des chameaux des batistes, au moyen desquelles on lan« çait sur les sujets des sacs de pièces d'argent et d'or, et que cela durait <jusqu'à ce que l'empereur fût entré dans son palais. » Les individus qui écoutaient à la cour de telles anecdotes, et d'autres analogues, se disaient tout bas à l'oreille que c'étaient des mensonges, et que celui qui les racontait était un imposteur.

« Dans ce temps-là, je rencontrai un jour le vizir du sultan, le personnage nommé Fâris, fils de Ouedrâr, et dont la célébrité est immense. Je causai avec lui sur ces mêmes matières, et lui fis part des soupçons que m'inspiraient les récits d'Ibn Bathoûthah, attendu que généralement on les traitait d'impostures. Le vizir Fâris me répondit : « Garde-loi bien de

• nier de pareilles choses concernant d'autres pays, par la raison que tu « ne les a pas vues; car tu serais alors sur la même ligue que le fils du vizir, ■ qui grandit et fut élevé dans la prison. >

« Ce discours faisait allusion au cas d'un vizir qui fut incarcéré par son souverain, et qui resta dans le cachot un grand nombre d'années, pendant lesquelles son fils s'y développa et y fut éduqué. Quand l'enfant atteignit l'âge de l'adolescence et de la raison, il se mit à faire des demandes sur les chairs d'animaux dont il se nourrissait; et lorsque son père lui disait: ■ Ceci est de la viande de moutons», il répliquait : «Qu'est-ce que

• les moutons? • Son père alors les lui décrivait au moyen de leurs signes et de leurs qualités distinctives; et le fils reprenait : «O mon père, tu vois • bien que ces animaux ressemblent aux rats. • Le père niait cela, il le réprimandait et lui disait :• Quelle différence n'y a-t-il pas entre les moudons et les rats! t Pareille chose arrivait pour la viande des bœufs et des chameaux; car le garçon n'avait vu, dans son cachot, rien que des souris ou des rats, et il pensait que les autres animaux étaient tous de la même espèce que ces derniers.

«C'est là ce qui se passe trop souvent chez les hommes quand il s'agit de choses nouvelles. Ils sont aussi atteints de la manie de les exagérer, afin d'exciter l'admiration, ainsi que nous l'avons exposé au commencement de l'ouvrage. Or donc, que l'homme ait recours à ses règles ou principes, qu'il s'observe soi-même avec soin, qu'il sache distinguer ce qui est possible de ce qui est impossible, par son intelligence éclairée et son naturel droit. Il admettra tout ce qui entre dans la zone ou le cercle de la possibilité, et ce qui est en dehors, il le rejettera. Nous n'entendons point parler ici de la possibilité intellectuelle absolue, car son cercle embrasse ce qu'il y a de plus vaste, et elle n'assigne aucunes limites entre les événements; mais nous voulons seulement indiquer ce qui est possible, en tenant compte de la matière même, ou de la substance, ou de la nature de la chose. Lorsque nous considérons l'origine de telle chose, son espèce, sa diUérence (avec d'autres), ou ses attributs,ainsi que l'étendue de sa grandeur et de sa force, nous prononçons notre jugement sur ses rapports ou états, suivant toutes ces circonstances, et nous concluons en disant que tout ce qui sort de sa sphère est impossible. Or, dis : «0 Dieu, mon • maître, augmente ma science!» [Kordn, xx, 113.)

Nous nous bornerons a faire observer: ■" que la seconde partie de ce fragment réfute et détruit les doutes élevés dans la première; 2° que ces doutes portent sur les relations verbales attribuées a Ibn Batoutah, lesquelles diffèrent sur plusieurs points importants du récit que nous possédons, et qui seul doit nous occuper; 3° enfin, que tout ce que notre voyageur a dit jusqu'ici sur l'Inde, se trouve suffisamment confirmé par les ouvrages d'historiens renommés, tels que Firichtah, Khondémîr, etc. H mérite donc toute confiance.

ADDITIONS ET CORRECTIONS.

Page 39, ligne 3 du texte, suppléez (1> à la. fin de la ligne.
P. J37, 1. 8 de la traduction, au Uea de des lisez de.

SUPPLEMENT

AUX ADDITIONS ET COMIECTIONS DU TOME DEUXIEME.

Page 16, ligne 9 du texte, lisez *^.vïl cas-i^i ; et I. 14-16 de

la traduction, Usez : En effet, un poète, voyant qu'on avait placé un citron devant le Sàhib (Ibn 'Abbàd ), composa, elc.

P. 17,1. 10 du texte, la bonne leçon estions doute y»j Jljc. Par conséquent, l. 14-i5 de la traduction, lisez : Les marins, dans ce pays, rament étant debout et droits.

P. 139, I. g de la traduction, an lieu de (la joliette) lisez (la petite

salée).

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