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RECUEIL

DES

TRAITÉS ET CONVENTIONS

CONCLUS PAR

L'AUTRICHE

AVEC

LES PUISSANCES ÉTRANGÈRES, DEPUIS 1763 JUSQU'À

NOS JOURS.

PAR

LÉOPOLD BARON DE NEUMANN,
CONSEILLER AULIQUE, DOCTEUR ET PROFESSEUR DE DROIT INTERNATIONAL

À L'UNIVERSITÉ DE VIENNE

ET

ADOLPHE DE PLASON,

CONSEILLER DE SECTION AU MINISTÈRE I. ET R. DE LA MAISON DE L'EMPEREUR

ET DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES,

TOME SEIZIÈME.

VIENNE
IMPRIMERIE „STE Y RE RM U HL”.

1883.

PRÉFACE.

Nous avons pris soin de faire précéder la Nouvelle Suite de notre Recueil d'une préface assez détaillée. Le lecteur bienveillant y trouvera une esquisse sommaire des grands événements historiques et des principaux changements territoriaux survenus en Europe depuis le traité de Paris du 30 mars 1856 jusqu'en 1877.

Après les guerres sanglantes de 1854, de 1859, de 1866 et la dernière lutte entre la France et l'Allemagne réunie sous les drapeaux de la Prusse, on pouvait croire que l'Europe épuisée d'hommes et d'argent se reposerait pendant longtemps, afin de guérir ses plaies et de vaquer aux affaires de la paix.

L'année 1877 paraissait clore l'ère des grandes guerres. Mais l'apparence était des plus trompeuses.

La plus grande question du siècle, la plus riche en conséquence, d'une portée incalculable, la question orientale, ajournée depuis près d'un siècle allait être posée et s'imposer à l'Europe entière. Qu'on nous permette d'être un peu plus explicite en abordant cette question. Un grand nombre des documents sur la plus récente époque, que nous insérons dans notre Recueil de la nouvelle suite sont consacrés à la question orientale. Il n'entre pas dans notre tâche d'écrire l'histoire des traités, mais de fournir les matériaux indispensables à ceux qui écriront cette histoire.

Toutefois nous croyons de notre devoir d'exprimer en toute franchise dans cette préface qui nous en offre l'oppor

VI

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tunité, de quelle manière et sous quel jour nous envisageons ce drame oriental, dont l'issue finale, selon toute apparence, ne sera pas connue de la génération actuelle et d'en résumer brièvement les résultats acquis. Nous l'avons dit ailleurs *), la décomposition de la Turquie est un fait, qu'aucun euphémisme ni aucun artifice diplomatique ne sauraient nier ni conjurer. Nous dirions plutôt: la dissolution de la Turquie n'est plus une question de temps, elle se passe nos yeux. Ce ne sont pas des conjectures, ce sont des faits qui nous occupent. Et le traité de San Stefano du 3 mars 1878 est en lui-même la confirmation la plus parfaite de nos assertions et celui de Berlin n'arrêtera sûrement pas le développement ultérieur des faits qui ont précédé. En effet le traité du 13 juillet 1878 a détruit jusqu'au dernier reste de la suzeraineté que le Grand Seigneur exerçait ou semblait exercer sur les principautés danubiennes. De plus la création de la principauté de Bulgarie, dite tributaire, ainsi que celle de la Roumélie orientale, est-elle une oeuvre viable propre à être consolidée? La tendance des deux parties désunies à se retrouver, à se réunir, n'est-elle pas dictée, pour ainsi dire, par une sorte de nécessité naturelle? Et le règlement des frontières entre la Porte Ottomane et la Grèce, tel qu'il a été prévu par l'art. 23 du traité de Berlin, règlement terminé, après de si longues discussions, au printemps de l'année 1882, n'a-t-il pas

résultat une nouvelle diminution de l'état territorial de la Turquie?

Deux siècles sont à peine écoulés depuis le second siège de Vienne par les armées du Sultan. Les Turcs, jadis la terreur de la Chrétieneté ne vivent plus depuis les victoires de notre grand prince Eugène, que par la grâce, ou plutôt par la jalousie des puissances européennes. L'Europe, coalisée

eu pour

*) Voir Neumann: „Droit de Consulatı, Vienne 1856, et le Journal scientifique militairer de Vienne, XXème vol, 1880; de même: „La Revue de droit internationala de 1879.

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